Dans le milieu professionnel, la maîtrise de la langue est bien plus qu’une simple question de correction grammaticale : c’est un véritable vecteur de crédibilité et d’autorité. Chez Parlez-vous French, nous constatons souvent qu’une syntaxe approximative ou des erreurs de français professionnel récurrentes peuvent, malheureusement, occulter la pertinence de votre expertise et altérer la confiance de vos interlocuteurs (clients, collaborateurs ou supérieurs).
Pour améliorer votre communication écrite et affirmer votre professionnalisme, voici une analyse détaillée de 7 erreurs stratégiques à bannir définitivement de vos courriels et rapports.
Sommaire de la leçon
> 2. L’expression « savoir gré »
> 3. L’utilisation du verbe « pallier »
> 4. Le pléonasme « voire même »
> 5. « À l’attention » ou « à l’intention » ?
> 6. L’accord de « se faire » + infinitif
> 7. L’usage du verbe « impacter »
> Exercice d’application
> Correction de l’exercice
1. La confusion entre le futur et le conditionnel
C’est l’erreur la plus fréquente dans les courriels de planification. Elle modifie pourtant radicalement la nature de votre engagement. En employant le conditionnel pour une tâche ferme, vous donnez l’impression d’hésiter sur votre capacité à tenir vos délais.
Erreur : « Je vous enverrais le compte-rendu demain matin. »
Correction : « Je vous enverrai le compte-rendu demain matin. »
💡 L’astuce du Prof : Pour ne plus hésiter, remplacez « je » par « nous ». Si vous pouvez dire « nous enverrons » (futur), alors écrivez « j’enverrai ». Si vous dites « nous enverrions », alors le « s » est nécessaire.
2. La faute d’accord avec « Je vous saurais gré »
Cette formule de politesse haut de gamme est souvent malmenée, ce qui produit l’effet inverse de celui recherché : elle trahit une méconnaissance des classiques de la correspondance professionnelle.
Erreur : « Je vous serais gré de bien vouloir m’en informer. »
Correction : « Je vous saurais gré de bien vouloir m’en informer. »
L’expression correcte utilise le verbe savoir et non le verbe être. On « sait gré » à quelqu’un (on lui en est reconnaissant). Ici, on emploie le conditionnel présent du verbe savoir pour la politesse. Écrire « je vous serais gré » n’a aucune existence grammaticale.
💡 L’astuce du Prof : Remplacez mentalement par « Je vous serais reconnaissant ». Si vous ne pouvez pas dire « Je vous saurais reconnaissant », c’est la preuve qu’avec le mot gré, il faut impérativement utiliser le verbe savoir.
3. L’ajout d’une préposition après « Pallier »
Le verbe pallier est victime d’une confusion courante avec le verbe « remédier (à) ».
Erreur : « Nous devons pallier au manque d’effectif. »
Correction : « Nous devons pallier le manque d’effectif. »
Le verbe pallier est transitif direct : on pallie quelque chose. Ajouter la préposition « à » est une erreur de construction syntaxique. Pour un cadre ou un dirigeant, utiliser la bonne construction démontre une structure de pensée rigoureuse.
💡 L’astuce du Prof : Visualisez un « palier » d’escalier que l’on enjambe directement. On ne monte pas au palier, on franchit le palier. On pallie donc le problème sans s’arrêter sur la préposition « à ».
4. Le pléonasme « Voire même »
La recherche d’emphase mène souvent à cette redondance qui alourdit inutilement vos rapports de synthèse.
Erreur : « Le retard est important, voire même critique. »
Correction : « Le retard est important, voire critique » ou « …et même critique. »
Le mot « voire » signifie intrinsèquement « et même ». En utilisant les deux termes côte à côte, vous commettez un pléonasme. En français professionnel, la précision l’emporte sur l’accumulation. Allez droit au but.
💡 L’astuce du Prof : Si vous hésitez, essayez de remplacer par « et même ». Si la phrase fonctionne, utilisez soit « voire », soit « et même », mais jamais les deux en même temps !
5. La confusion entre « À l’attention de » et « À l’intention de »
Ces paronymes sont cruciaux pour définir l’objectif d’une démarche ou d’un envoi.
Erreur : « Note rédigée à l’intention de la Direction. » (pour un simple envoi administratif)
Correction : « Note rédigée à l’attention de la Direction. »
- À l’attention de : s’utilise pour désigner le destinataire d’un envoi (pour qu’il y porte son attention).
- À l’intention de : signifie « en l’honneur de » ou « pour le bénéfice de ». On organise un séminaire à l’intention des nouveaux arrivants, mais on adresse un CV à l’attention du recruteur.
💡 L’astuce du Prof : Retenez « Attention = Destinataire ». Vous demandez l’attention d’une personne précise. L’« intention » est plus profonde, c’est une démarche bénéfique ou un hommage que l’on fait à quelqu’un.
6. L’invariabilité de « Se faire » suivi d’un infinitif
C’est la touche expert de cet article. Maîtriser cette règle vous place immédiatement parmi les locuteurs les plus avertis.
Erreur : « Elle s’est faite licencier. » ou « Ils se sont faits remarquer. »
Correction : « Elle s’est fait licencier. » / « Ils se sont fait remarquer. »
Le bloc « fait + infinitif » est considéré comme une unité verbale indissociable.
💡 L’astuce du Prof : C’est la règle la plus simple du français si on la connaît : « Fait » + Verbe à l’infinitif = ZÉRO ACCORD. Pas de « e », pas de « s », jamais !
7. L’usage abusif de « Impacter »
Bien que toléré à l’oral, son usage systématique appauvrit votre communication écrite.
Erreur : « Cette réforme va impacter notre stratégie. »
Correction : « Cette réforme va affecter / influencer / avoir une incidence sur notre stratégie. »
« Impacter » est calqué sur l’anglais. En français soutenu, l’impact désigne un choc physique. Utiliser des verbes comme modifier, altérer ou bouleverser permet non seulement d’être plus précis, mais aussi d’éviter un jargon managérial souvent perçu comme superficiel.
💡 L’astuce du Prof : Chaque fois que vous voulez écrire « impacter », posez-vous la question : est-ce positif (favoriser, stimuler), négatif (nuire à, pénaliser) ou neutre (modifier) ? En choisissant le verbe précis, vous montrez la finesse de votre vocabulaire.
En conclusion
La précision de votre expression écrite est le reflet de la qualité de votre travail. En éliminant ces erreurs de français professionnel courantes, vous renforcez la clarté de vos messages et l’image de rigueur que vous projetez auprès de vos partenaires. Le français est un outil de persuasion puissant ; le maîtriser, c’est s’assurer que votre expertise soit reconnue à sa juste valeur.
N’oubliez pas : une relecture attentive est le dernier rempart entre une communication d’excellence et une erreur évitable.
Le défi Parlez-vous French : Saurez-vous corriger cette phrase ?
« Je vous serais gré de pallier à ce problème voire même de vous faire faite remarquer à l’intention du patron. »
Postez votre correction en commentaire ! Nous corrigerons les meilleures réponses.
Exercice : Testez vos connaissances
Consigne : Choisissez le terme ou la forme correcte parmi les propositions.
- Je vous confirme que je vous (enverrai / enverrais) le rapport final dès demain matin à 9h.
- Je vous (saurais / serais) gré de bien vouloir traiter cette demande en priorité.
- Le nouveau logiciel permettra de (pallier le / pallier au) manque d’organisation du département.
- Cette stratégie est risquée, (voire / voire même) dangereuse pour notre image de marque.
- Veuillez envoyer votre candidature (à l’attention de / à l’intention de) la Responsable des Ressources Humaines.
- Au cours de la réunion, elle s’est (fait / faite) remarquer par la pertinence de ses analyses.
- Nous craignons que cette hausse des prix ne vienne (impacter / affecter) notre volume de ventes.
Vérifiez vos réponses
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